Les manifestants ont tiré des fumigènes (Photo: lecteur-reporter Ange Luzzato)
Commencée pacifiquement comme annoncé par les organisateurs, la manifestation a dérapé devant la prison centrale, en basse-ville de Fribourg. «La violence est partie d'un coup», a dit le porte-parole de la police Benoît Dumas devant la presse. Les organisateurs de la manifestation n'ont pas pu tenir les discours prévus devant la prison.
Fusées de détresse
L'importance et la violence des moyens utilisés par un groupe de manifestants a étonné la police fribourgeoise. Une centaine d'engins a été tirée par les manifestants, dont des fumigènes classiques et des fusées de détresse utilisées dans la navigation. Ces derniers engins sont particulièrment dangereux, a indiqué le préfet de la Sarine Carl-Alex Ridoré.
Les manifestants se sont symboliquement rassemblés devant la prison centrale en signe de soutien envers les deux jeunes Français fortement soupçonnés d'avoir volé des voitures à Lyss (BE) en avril dernier. La course-poursuite avec les policiers s'était soldée par une fusillade sur la A1, qui avait coûté la vie à un des présumés voleurs.
Il n'y a jamais eu d'affrontements directs entre manifestants et policiers, ont précisé les forces de l'ordre. Ces dernières ont riposté avec des balles en caoutchouc aux tirs de fusées, en particulier devant la prison. La police a indiqué de pas avoir fait usage de gaz lacrymogènes.
Le dispositif policier était dès le début de la manifestation important, bien que tout d'abord très discret. Toute la première partie de la manifestation s'est faite sous l'escorte de trois policiers.
Début d'incendie
Après l'intervention devant la prison centrale, les manifestants ont été canalisés vers le centre ville. A la hauteur de la cathédrale, ils ont tiré un engin dans la toiture en bois d'un immeuble ancien. Un début d'incendie s'est déclaré. Les vitres d'un bâtiment de la police à proximité ont été endommagées.
Les manifestants interpellés sont pour le moment considérés comme personnes appelées à fournir des renseignements. Leur audition était en cours samedi soir. Certaines d'entre elles risquent d'être prévenues pour émeute, dommage au patrimoine ou mise en danger de la vie d'autrui.